Première scène dans tout Besançon (voir classement au bas de l'article), le Slam au bar « la Crémerie » est
une initiative que l’on doit a l’association « la rue râle » composé
notamment de Lison, Sam et Yosa Giro, présentateur de la dite scène. La
récente épidémie poétique à Besançon (Bzak pour les autochtones) n’a
fait que s’amplifier au cours de cette Slam session, habitée d’une
écoute exemplaire et d’une grande variété de style. Voyons plutôt…
21h – Bonjour au patron de la crémerie, Stéphane, qui gère avec classe
a lui seul son bar, rempli de vaches, de pie, et de taches noires sur
blanc : cadre champêtre pour poètes en herbe.
21h15 – Petit a petit, le monde arrive, la liste du présentateur Yosa
Giro, se remplit doucement mais sûrement et l on peut déjà voir
quelques poètes relire leur textes pour ne pas faire de fausses notes
quand leur voix jouera de rimes sur toute la gamme de l’alphabet.
21h35 – Ca y est ! Avec 5 minutes de retard, Yosa Giro s’assure que
même les poètes en retard (pléonasme) sont présents et inscris. On
assiste la au premier tournoi Slam de l’histoire de la ville, certains
poètes évitent ce format inconnu et préfèrent se lancer dans la scène
ouverte qui précède…
On assiste donc à une première scène avec 8 poètes/poétesses, et pour
ne pas faire peur aux timides, Yosa Giro ouvre le bal. Et le silence se
fait, car ici, la poésie plait.
Puis, est appelle Jean Claude qui déclamera un texte aux messagers
perdu, suivi de Lison, membre de l’association a l’initiative de la
scène avec une improvisation psychakadeliquodelirant faite
d’onomatopées, de pseudo accent allemand et de phrase du type
« Barracuda est mort ». Les gens sourient devant la prestation de la
demoiselle qui démontre que la poésie ne demande qu’a être redéfinie.
Rires et applaudissement seront la transition qui permettra à Yosa Giro
d’annoncer Kôan, poète membre de la fédération et venu exprès pour
l’événement donner un coup de main a l’organisation.
Il lancera alors
ses « vers balles », textes qui lui permis de se qualifier à la scène
Slam de cergy. Viennent ensuite non pas Belle et Sébastien mais Estelle
et Sébastien, avec un texte en 3 actes de Claude Nougaro interprété de
manière humoristique et mis en valeur grâce a leur duo ! Restons avec
le chiffre trois, puisque Max, slameur de la première heure, nous dira
un texte de Serge Pey (je ne connaissais pas mais j’ai bien aimé) dont
je n’ai le titre mais qui aurait pu s’intituler : « Comment se défendre
en 3 points », poème au non sens flagrant ayant pour but de tirer les
lèvres vers le haut, ce qui n’a pas manquer. Et pour finir cette scène
ouverte, je citerais le 1er et le dernier vers de Léo : « Ceci est un
texte écrit par un ado, c'est-à-dire moi…Tout ça pour dire que tous les
ados ne sont pas rebelles. » Allez Léo, tu peux l’avouer maintenant,
tout ça pour accoster les filles une bière offerte a la main, ça
restera entre nous…
Rappelons que pour beaucoup de poètes de ce premier set, c’était la
première fois, chapeau m’sieurs dames !
??h?? (Perdu ma montre) - Fin du premier set, pause de 10 minutes pour
laisser reposer les sens…
And now, Ladies and Gentlemen : Here comes the Slam. 12 poètes, 3
minutes chacun, rien à perdre, tout a gagner. 3 jurés sélectionnés dans
le public se prêtent au jeu de ce tournoi fraternel autour de verres et
de vers. Yosa Giro résume les quelques règles pour que tout le monde
s’y retrouve et pour que le jury se chauffe, kôan est sacrifié sur
l’autel. Les notes fusent puisqu instinctives et donnent un total de 18
à la prestation de kôan clamant que l’amour est une drogue. Puis ce
dernier tire au hasard dans le béret du présentateur le prochain poète
qui inaugurera le premier tournoi de Slam à Bzak. Et c’est William,
poète au bonnet qui s’y colle avec « Zombihaiti », un poème sur la
situation critique à Haïti.
Le personnage de sa voix de stentor,
s’assoit pour lire calmement son poème et le public suit et le jury
suit le public qui le gratifie de la note de 24. Puis, annoncé par ce
dernier, arrive Stanley, également coiffé d’un bonnet mais lui donnant
un style plus hip hop, et la ou on ne l’attendait pas, parle des
femmes, émouvant et ému : « Les femmes je les aimes, je me jette sur
celles que j’envoûte…je me propose a celles qui sont prêtes à aimer ».
Cependant, les 2 filles jurés ne semblent pas avoir été envoûtées a l
inverse d autres demoiselles de la salle et Stanley obtient donc la
note de 18 car 6/6/6 pour 1’11.
Le diable serait il dans les parages ?
Chose étrange d’autant plus que Thomas, le poète suivant, dira un texte
sur la religion. Ha, la magie des scènes Slam. Apparemment le sujet ou
le fait que Thomas a présenté son texte comme n'étant pas un poème lui
valut la note de 13. La coïncidence continue avec PP avec une
prestation sans micro, dont j ai retenu la phrase « Enfer et
damnation ». Tous les superstitieux ont du quitter la salle,
apparemment personne ne l’était puisque tout le public persistait dans
son écoute et en redemandait. Et la, avec un rap éclair de 46 secondes,
Sam fit bouger a toute allure les mains de l assistance qui
applaudissement en chœur son style comique et son flow brossé : but en
pleine lucarne ! 26 pour Sam le coyote rapide comme Bip Bip. On aura
ensuite un poème politique Amérique - Irak : « 10 irakiens pour 1
américain ». De quoi revenir à la réalité après l’envol de Sam.
Viendront Louis, prestation éclair de 22 secondes tellement rapide que
je n ai eu que le temps que de prendre sa photo : désolé Louis. Puis
Geoffroy « pête une pile » et nous chante « Jonathan et Jennifer, les
justiciers milliardaires » et reprend son sérieux pour dire que « si le
viagra a été inventé, c’est parce qu’il (l’Etat) n’arrivait plus à nous
faire bander ».
Seul poète à avoir une note a virgule, Geoffroy obtint
23.5 pour 1’25. Et voila qu’arrive Frankoa, qui, avant de commencer son
texte précise qu il n aime pas l’idée de tournoi mais dit « je ferme ma
gueule puisque j’y participe ». Etais-ce un stratagème pour séduire le
jury ? En tous cas sa prestation attrapa les plus hautes notes de ce
tournoi avec des notes en escaliers : un 8, un 9, et un…10 !!! Foule en
délire et chose assez rare, en osmose avec les jurés. Puis Frankoa
fouille dans le béret de Yosa Giro et tire… Yosa Giro ! Intitulé « en
fœtus », il dit son poème a genou. Apres ces 3’01 de poésie,
l’animateur/poète attend seul sur la scène les résultats, avec un total
de 26, il a des fortes chances de faire parti de l’équipe de la
crémerie.
Et, première ! De ma mémoire de slameur en tous cas, un duo
en tournoi, avec non pas Dupont et Dupond mais… Méli et Mélo, deux
demoiselles complémentaires qui ont fait vibrer notre fibre poétique
sur « le tam-tam méli-mélo » avec un texte chanté du jour. 2’59 pour
ces deux comparses rigolotes et entraînantes qui ont dirait on un
chronomètre dans la tête ! Je ne sais plus si c’est Meli ou Melo qui
s’est mise à faire de l'impro mais c’était rigolo et toute la salle a
dit bravo ! And the last but not the least, let’s cloture le tournoi
poétique de Bzak avec Blutch, qui change de pseudo une fois sur scène.
Je trouve que ça lui allait bien parce que s’il se rasait, on aurait
dit pile poil Blutch, celui dans les tuniques bleus, la bande dessiné.
Blague a part, il faudra qu’il se décide pour son pseudonyme puisque en
1’32, 26 points et un public enthousiaste, Blutch/Francis s’est
qualifié ex aequo avec Sam, Yosa Giro, et Frankoa et représenteront La
ville de Besançon et le Bar de la Crémerie a Nantes les 26 et 27 juin…
| 1 - Frankoa | 27.02 |
|
| 2 - Blutch | 26.03 |
| 3 - Yosa Giro | 26.05 |
| 4 - Sam | 26.04 |
| 5 - William | 24.07 |
| 6 - Geoffroy | 23.58 |
| 7 - Mathieu | 23.09 |
| 8 - Louis | 23.01 |
| 9 - PP | 20.011 |
| 10 - Stanley | 18.012 |
| 11 - thomas | 13.00 |